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AVL3C Vexin Zone 109
Association Vexinoise de Lutte Contre les Carrières Cimentières

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Note sur la question de l’eau
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Rappel des faits

Tracé de la Zone spéciale.1997.Doc. Driee
La cimenterie de Gargenville date de 1921. Elle est alimentée par la carrière de Guitrancourt,
en fin d’activité. En 2000, Italcementi / Calcia a obtenu de l’Etat la création d’une « zone spéciale » qui lui permet l’accès au calcaire sur 550 hectares au-delà de l’actuelle exploitation.
En 2008, après un combat de dix ans, la commune de Guitrancourt a fait protéger ses forages d’eau potable, ce qui interdit à l’industriel la poursuite de l’extension de la carrière dans la commune.
L’industriel envisage donc d’ouvrir une nouvelle carrière dans une autre partie de la « zone spéciale », sur 80 ha à Brueil-en-Vexin.
Il s’agit d’une configuration complètement différente, un autre plateau, un autre bassin versant, celui de la Montcient.
La Montcient prend sa source à Sailly, traverse sept communes, rejoint l’Aubette pour se jeter dans la Seine après un parcours de 11km. Communes traversées d’amont en aval : Sailly (source), Brueil-en-Vexin, Oinville-sur-Montcient, Seraincourt, Gaillon-sur-Montcient, Hardricourt et Meulan.

  • A la hauteur du point le plus élevé (ancien prieuré St Laurent), on est à une centaine de mètres au-dessus de la rivière Montcient. Le versant est un véritable filtre pour la nappe phréatique. Carte hydrologique du bassin versant au-dessus de la commune de Brueil-en-Vexin Source PNR/Head Ingénierie, 01/12/2014
  • Le calcaire exploitable, une bande de 20 m d’épaisseur, se situe à environ 50 mètres de profondeur en haut du plateau, sous la ferme Saint Laurent, et à 10 mètres près de Brueil (Présentation du projet Calcia, Sous-préfecture, 05 05 2014)
  • Dans ses premières présentations, l’industriel annonçait son intention d’exploiter le calcaire jusque sous la nappe phréatique. Avec pour conséquences :
    - La nécessité de « rabattre » la nappe en pompant 77m3 d’eau par heure et de stocker cette eau en excès.
    - Une baisse de plus de 27% du débit de la Montcient
    Présentation Burgeap, réunion Sous-préfecture de Mantes-la-Jolie du 15 décembre 2014 (page 7)

Devant le tollé des élus et associations, le projet (15 décembre 2014) a subi une correction : il s’agirait désormais d’exploiter à un mètre au dessus de la nappe. L ’industriel a souligné qu’une telle concession lui ferait perdre quatre ans d’exploitation et 13% du calcaire.
A noter que si les études sur la présence de calcaire ont porté sur les 550 ha de la zone spéciale, les études préliminaires concernant l’eau (cabinet Burgeap) se cantonnent aux 80 ha convoités (5 piézomètres ). Le PNR a pris à sa charge une autre étude hydrogéologique (cabinet Head).

 Les problèmes posés par ce projet de carrière

 1. Aux sources de la Montcient

Le captage de Sailly et le forage de Drocourt, couplés, fournissent six villages, plus de 3000 habitants (Drocourt, Aincourt, St Cyr, Fontenay-St Père, Sailly, Brueil). Ils représentent une réserve car ils ne sont pas exploités au maximum. Cet ensemble fait partie des « nouveaux captages prioritaires » (Agence de l’eau). Une demande de DUP est en cours depuis 2015 (périmètres de protection rapprochés et éloignés.)

Après la carrière de Brueil, la deuxième phase d’exploitation des 550 ha de la « zone spéciale », sur la commune de Sailly, affecterait le bassin versant de ce captage-forage (délimité dans le Rapport hydrogéologique Archambault Conseil, 2014).
Bassin versant alimentant le captage Sailly / Drocourt (rapport Archambault, 2014) superposé à la « zone spéciale ».

Le SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux 2016-2021) recommande une protection renforcée des zones de captage d’eau potable. Page 69 : « Il est nécessaire de prévoir un effort particulier pour l’usage eau potable sur un périmètre adapté. Ce périmètre doit correspondre au secteur, en surface, qui participe à l’alimentation de la nappe captée, par percolation à travers le sol, par des infiltrations dans des fissures, bétoires... ou par ruissellement. C’est l’aire d’alimentation de captage (AAC). »
Pour préserver l’avenir, la DUP en cours d’instruction devrait être étendue à l’aire d’alimentation du captage (AAC).
Nous avons écrit en ce sens au préfet (novembre 2015), comme le PNR et les communes de Sailly, Brueil et Fontenay-St Père. Nous avons informé les maires concernés et les autorités de l’eau.

 2. Les forages de Meulan

A la hauteur de Meulan, quatre forages situés sur les communes de Meulan F1 et F2), Gaillon-sur-Montcient (F3) et Hardricourt (F4) alimentent en eau potable plus de 55 000 habitants ( Les Mureaux, Meulan, Hardricourt, Juziers, Mézy, Vaux, etc, jusqu’à un quartier de Cergy ).
Dans son « Etude environnementale préalable à la définition des périmètres de protection des captages du champ captant de Meulan (78) » en date du 1er septembre 2008, le cabinet Burgeap écrit, Page 19 : « ce sont les bassins versants des deux cours d’eau [la Montcient et l’Aubette] dans leur ensemble qui alimentent les forages ».
Donc tout ce qui touche à la Montcient, ses sources, son cours, son débit, est susceptible d’avoir un effet sur l’approvisionnement en eau potable. Nous avons écrit au commissaire enquêteur (avril 2016) pour qu’il prenne note des risques provoqués par une éventuelle extraction de calcaire sur le plateau situé au-dessus de la Montcient. Des maires (Brueil, Mézy), et le PNR l’ont également fait.

 3. Trame bleue-trame verte

La Montcient fait l’objet avec l’Aubette du premier contrat trame bleue-trame verte de la région signé le 29 octobre 2015. Ce projet concernant 24 communes vise à réduire les pollutions, restaurer et entretenir les milieux aquatiques et humides, etc. Un tel contrat, coûteux en argent public, est incompatible avec la présence d’une exploitation risquant d’augmenter les pollutions et de porter atteinte au débit de la rivière.

 4. S’adapter aux changements climatiques

Le Comité de Bassin Seine Normandie a pris des mesures fin mars 2016 pour une adaptation au changement climatique d’ici à 2100. Voir Impact du réchauffement sur l’éco-système de la Seine. Le climatologue Jean Jouzel a expliqué que l’effet d’une hausse des températures sur le bassin pourrait entrainer une diminution du débit de la Seine et des cours d’eau de 30%, ainsi u’une hausse de la température de l’eau de 2°.
Parmi les autres impacts : « un phénomène d’évapo-transpiration en augmentation de 23 % en 2100 aurait des conséquences importantes sur les milieux et la végétation », « une tendance globale à la diminution de la ressource en eau s’accompagnerait d’une baisse du niveau des nappes ».

 En conclusion

La Montcient joue un rôle capital dans l’alimentation en eau potable des habitants de la région.
La décision de créer une « zone spéciale » de 550 hectares afin d’alimenter un industriel en calcaire a été prise en 2000, sans mesurer l’importance de la ressource en eau et des évolutions climatiques.
Le projet de carrière à Brueil puis à Sailly parait incompatible avec la protection de l’eau, et en particulier de l’eau potable, qui sera un enjeu capital dans les années à venir.
La ferme du Haubert à Brueil, vente directe à la ferme et étangs de pêche, juste sous la Zone spécial


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Pour produire une couche de 18 centimètres de terre arable, la nature a besoin de 1400 à 7000 ans, à raison de 0,5 à 2 centimètres par siècle.